Vendée Globe, le journal de bord d’Armel Tripon: « La beauté ou le drame »

Par Epoch Times avec AFP
14 novembre 2020
Mis à jour: 14 novembre 2020

Un bateau qui « vole au dessus des vagues », le « kif » puis un « énorme crac » qui sonne comme un coup dur: l’un des 33 skippers du Vendée Globe, Armel Tripon (45 ans), à la barre d’un bateau flambant neuf (L’Occitane), livre à l’AFP le deuxième volet du carnet de bord de son premier tour du monde.

« QUEL DEPART ! Retardé 4 fois pour cause de brume tenace !! J’en ai raté le cinquième du coup ! Vexant mais vite oublié, anecdotique face à la course de 70 jours et plus que je vais faire… 

La nuit tombe et je suis dans le paquet de tête, on file sur mer plate, c’est grisant ! Waouh j’y suis, c’est moi, oui, à la barre de L’Occitane en Provence, le plus beau, le plus fou, le plus osé, quel kif de vivre ça … 

La régate est lancée, en mode court, marquages, prise d’infos sur les vitesses autour. Déjà le premier front à négocier pour le lendemain, pas si fort que ça, moins de mer que prévu, je décide d’attaquer par le nord, je vire dans les premiers, bille en tête vers l’ouest, ça va vite, le vent monte crescendo, la mer est étonnamment plate, je vole au-dessus des vagues, le bateau comme en apesanteur, au plus fort 35 nœuds de vent (65 km/h), ça se gère bien, dans 1 heure la bascule attendue au Nord Ouest pour plonger sud.

 

 

Je suis dans le match, me suis bien reposé prêt à envoyer la bonne toile derrière le front pour cavaler… Mais la vie est tout sauf le roman qu’on se choisit, c’est la beauté ou le drame des choses ! Énorme crac, le bateau se redresse, ralentit brusquement, je bondis sur le pont, le J3 est à l’eau, la drisse pendouille. Verdict: hook cassé ! 

Fin de la partie me dis-je. Vite, il faut rentrer vite, réparer vite, repartir vite. J’appelle Vincent mon +boat captain+, il est 2 heures du mat, il se met sur le pont avec Michel directeur du team, à eux deux et quelques autres ils m’aident à réfléchir à l’endroit où prévoir le stop: soit en Espagne soit aux Sables-d’Olonne. J’opte plutôt pour l’Espagne, où le règlement stipule que je dois réparer seul sans aide extérieure. Au mouillage ? Et puis non, trop de temps perdu, je continue en course et monterai dans le mât pour bricoler un système de +sécu+ dans un premier temps. 

Je vivais un début de course parfait, trop parfait !!! Rattrapé par le manque de navigation, manque de milles, manque d’entraînement. Avant un Vendée, on a coutume de dire qu’il faut casser tout ce qui doit casser, la bateau doit être éprouvé de fond en comble, je ne le sais que trop bien, mais je compose, c’est déjà si beau d’être là.

Alors je sèche mes larmes et repars au combat, j’aurais du retard, oui, mais la course vient tout juste de commencer. J’aime être en mer, j’aime aller vite, jouer avec la météo et chasser les concurrents, alors je suis heureux ! »

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