Venezuela : le régime est plus que mûr pour tomber

Par Epoch Times
17 juin 2019 Mis à jour: 12 juillet 2019

Nicolas Maduro et son régime ont atteint le point de non-retour, tout comme la crise au Venezuela.

L’histoire a commencé il y a de nombreuses années, peut-être lorsque le jeune syndicaliste Maduro a reçu une formation à l’école des cadres du Parti communiste de Cuba, ou pendant les machinations obscures autour de la mort d’Hugo Chavez, l’ancien président socialiste du Venezuela. Chavez a catapulté Maduro à la présidence de la même manière que celle utilisée par les rois médiévaux et par Fidel et Raúl Castro à Cuba : le roi sortant a désigné son successeur.

L’énorme capital politique accumulé par Chavez a permis à Maduro de préserver le pouvoir lors des premières élections post-Chavez. Toutefois, la défaite aux élections législatives l’a fait vaciller : il s’est rendu compte qu’il ne remporterait plus jamais d’élections démocratiques. Il a donc remplacé les juges de la Cour suprême qui ne lui étaient pas favorables, puis a commencé à saper l’Assemblée nationale en la déclarant coupable d’outrage au tribunal et en créant une factice Assemblée nationale constituante (ANC) pour substituer ses fonctions légitimes. En même temps, il poursuivait férocement ses rivaux politiques, armait des groupes de voyous pour accroître ses forces de répression et a criminalisé les manifestations pacifiques des étudiants et des citoyens. Il y avait des morts parmi la population.

Maduro a ensuite utilisé son pouvoir d’absolutisme monarchique contre les six pouvoirs de l’État vénézuélien (exécutif, judiciaire, électoral, militaire et médiatique, plus l’ANC, le nouveau pouvoir législatif qu’il a créé) pour préparer les élections du 20 mai 2018. À cette date, ses principaux rivaux étaient déjà morts, emprisonnés, privés de droits ou bannis de la fonction publique. C’était comme courir le 100 mètres aux Jeux olympiques après avoir éliminé tous ses rivaux – en ayant tué un, disqualifié un autre, accusé de dopage le troisième, etc. – en ayant soudoyé les juges et la presse, et puis avoir choisi un handicapé comme rival pour pouvoir déclarer que la compétition est valable. Comment aurait-il pu perdre ?

Ses opposants et de nombreux pays ont averti Maduro qu’ils ne reconnaîtraient pas les résultats de ces « élections ». Maduro s’est moqué d’eux, jusqu’à ce qu’il se soit rendu compte qu’ils étaient sérieux. Une cinquantaine de pays ne le reconnaissent pas déjà comme président.

Dans le même temps, Maduro a ignoré les graves difficultés économiques causées au peuple vénézuélien par son incompétence et par la destruction du système productif avec la politique de nationalisation héritée de Chavez. Cette politique a été accompagnée de la corruption et le vol des fonds publics, la chute des prix du pétrole et les énormes dépenses de la classe politico-militaire formée par le régime cubain.

Pour finir de vendre son âme au diable, Maduro a interdit l’entrée de l’aide humanitaire sous des prétextes absurdes, a intensifié la répression en commettant des crimes contre l’humanité et a renforcé la politique du terrorisme d’État en privant les législateurs de leur immunité et en torturant les militaires qui ne le soutenaient plus. Par ces actions, il a mis fin à tout espoir d’une solution pacifique au conflit.

Il est risible de parler de dialogue dans ces conditions. Il est criminel de refuser une intervention humanitaire fondée sur le principe de la responsabilité de protéger. Par contre, de nombreuses parties sont intervenues pour aider le régime de Maduro : Cuba, la Russie, l’Iran, les barons de l’Armée de libération nationale colombienne et les terroristes du Hezbollah introduits par la connexion de Tareck El Aissami. Les seuls qui sont de moins en moins nombreux au Venezuela sont les Vénézuéliens : on estime qu’entre 3 et 4 millions d’entre eux ont émigré.

Le régime en place au Venezuela se caractérise par la corruption, la contrebande d’or, de devises et de drogues et l’encouragement à la violence et à la répression. Cela contraste avec une population de plus en plus appauvrie, avec non seulement une pénurie de nourriture, de médicaments et de biens de consommation (affectée par une inflation impossible d’arrêter), mais aussi l’effondrement des infrastructures et des services d’eau, d’électricité et de santé publique.

Maduro croit qu’il continue à gouverner, mais il ne le peut plus. Plus de 80 % de la population pense qu’il doit partir, la plupart des partisans de Chavez l’accusent d’avoir trahi Chavez, les proches de ses victimes appellent à la justice, 50 pays l’ignorent et même ses alliés lui refusent l’octroi de crédit. Sa paranoïa est bien justifiée : un bon nombre d’officiers supérieurs de l’armée l’ont abandonné et ses collaborateurs les plus proches conspirent derrière son dos. Sa vie est en danger chaque jour et la porte de secours commence à se refermer. Les services secrets cubains ont déjà compris que Maduro ne pourra être sauvé, mais ils rêvent que la « Révolution bolivarienne » pourra l’être. Ils ont sûrement déjà des plans pour mettre au pouvoir quelqu’un en qui ils ont confiance… mais qui ne s’appelle pas Maduro.

Roberto Camba Baldomar

Le point de vue exprimé dans cet article est celui de son auteur et ne reflète pas nécessairement celui d’Epoch Times.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

RECOMMANDÉ