Venezuela : Trois journalistes dont deux italiens arrêtés lors de leur enquête sur l’état des prisons

8 octobre 2017
Mis à jour: 8 octobre 2017

Trois journalistes, dont deux Italiens et un Vénézuélien, ont été arrêtés alors qu’ils s’apprêtaient à réaliser un reportage dans une prison au Venezuela, ont dénoncé samedi des organisations de journalistes et de défense des droits de l’homme.

Roberto Di Matteo et Filippo Rossi, de nationalité italienne selon l’ONG Foro Penal, et le Vénézuélien Jesus Medina ont été arrêtés vendredi après être entrés avec des équipes de tournage dans la prison de Tocoron dans l’Etat d’Aragua (nord).

« Ils se trouvaient dans la prison de Tocoron (…) pour une enquête journalistique quand ils ont été arrêtés », a expliqué le Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP).

Les organisations de journalistes n’ont pas précisé pour quels médias travaillaient les journalistes italiens. Medina est photoreporter pour le site DolarToday, opposé au gouvernement.

Une photo des trois journalistes de dos, apparemment menottés et encadrés par deux militaires, a été diffusée par le syndicat. Leurs téléphones portables et de petites caméras ont été confisqués.

Le syndicat a assuré à l’AFP avoir constaté que les journalistes étaient en bonne santé samedi soir. « Ils vont bien, ils ne portent aucune trace de mauvais traitement », selon le SNTP.

« Ils avaient une invitation pour entrer à Tocoron. Ils s’étaient enregistrés pour y pénétrer lorsqu’on leur a interdit l’accès puis ils ont été arrêtés. Il semble qu’il y ait eu un contre-ordre pour empêcher leur entrée », selon le syndicat.

Les trois journalistes sont « détenus depuis vendredi dans un poste de la Garde Nationale », a indiqué le directeur de Foro Penal, Alfredo Romero, précisant que des avocats de l’ONG étaient partis les assister.

Selon le SNTP, les journalistes ont été interpellés par des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire, puis mis à disposition du parquet.

Des ONG dénoncent régulièrement l’état de surpeuplement et la malnutrition dans les centres de détention vénézuéliens.

L’ONG de défense des droits des détenus Una Ventana a La Libertad avait estimé fin 2016 la population carcérale à 88.000 détenus pour une capacité officielle de 35.000 places.

Le gouvernement assure que son plan lancé en juillet 2011 pour décongestionner les prisons a concerné 90% des 50 prisons du pays.

Le gouvernement de Nicolas Maduro, qui se dit victime d’une campagne de dénigrement des médias nationaux et étrangers, assure avoir appliqué avec succès des mesures pour pacifier les prisons et les mettre au niveau des standards internationaux.

 

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