Vidéo : un homme battant son ex-femme en public est assommé par un étranger

Par Li Yen
7 août 2019 Mis à jour: 7 août 2019

La violence familiale ou conjugale ne doit pas être considérée comme une affaire privée, au contraire chacun a le devoir d’y mettre fin. En tant que membres de la société, si nous sommes témoins de violence domestique, nous avons l’obligation morale d’intervenir et de protéger la victime.

En Turquie, ironiquement, un employé d’entretien ménager, félicité par des internautes pour être venu en aide à une femme maltraitée, a par la suite été interrogé par la police après que l’agresseur a déposé une plainte contre lui.

Cet incident s’est produit le 30 mai 2018. Un homme, identifié comme étant Mehmet T., a été pris sur une caméra de vidéosurveillance en train d’agresser son ex-femme, Nevin T., dans la rue du quartier Kağıthane d’Istanbul, en plein jour. Le couple revenait d’une audience de divorce à la Cour de justice d’Istanbul, a rapporté le quotidien turc Hurriyet Dailynews.

À la suite d’une dispute, à plusieurs reprises, Mehmet a frappé Nevin, qui était sans défense, à la tête, avec du papier enroulé. L’homme agressif a continué à battre son ex-femme même après qu’elle soit tombée à genoux. Tout ce que Nevin pouvait faire, c’était de demander pitié, de pleurer et de crier à l’aide.

Alors qu’il exerçait ses fonctions habituelles dans le district de Kağıthane, Emre Derebaşı, un employé de nettoyage, a été témoin de la scène violente. Il a immédiatement volé au secours de Nevin. Il a sauté sur Mehmet, l’a assommé d’un incroyable coup de tête et l’a fait tomber au sol. Une foule d’hommes s’est rapidement rassemblée autour de Mehmet et l’a maintenu par terre pour l’empêcher de s’enfuir.

Mehmet a ensuite été battu par Emre et quelques autres qui sont intervenus, selon l’agence de presse Dogan News Agency. Mehmet, blessé lors de la bagarre, a ensuite été emmené par la police qui est arrivée sur les lieux.

« Nous sommes sortis et la femme criait et elle essayait de se protéger. Il n’est pas acceptable qu’une telle violence se produise pendant le ramadan », a déclaré le témoin Ayşe Atasoy au quotidien britannique Daily Star.

« La femme appelait à l’aide et les citoyens l’ont aidée. Nous sommes tous contre la violence », a déclaré un autre témoin oculaire, Mehmet Kaya, à Cumhuriyet, selon le Daily Star.

Les images de la caméra de sécurité capturant l’incident dramatique ont finalement fait le tour des médias sociaux, et de nombreux internautes ont loué Emre pour son action héroïque.

Nous félicitons Emre d’avoir pris la défense de Nevin. Cependant, la violence n’est jamais un bon moyen de remédier à un comportement agressif. Cette histoire a pris une triste tournure lorsque, après avoir été libéré par la police, Mehmet a déposé une plainte contre Emre pour l’avoir battu.

Emre a finalement été interrogé par la police. « L’homme a dit à la police qu’il ne battait pas sa femme et qu’elle n’avait fait que jouer la comédie en se jetant à terre », a-t-il déclaré à Hurriyet Dailynews le 1er juin 2018.

« Il a aussi porté plainte contre moi pour l’avoir battu. Le procureur l’a libéré, mais j’ai été interrogé par la police. C’est ce qui m’a le plus offensé », ajoute Emre, un père de deux enfants qui a d’abord pensé que Mehmet frappait son ex-femme avec un bâton.

Ce qui est finalement arrivé à Emre n’est pas clair. Cependant, il a dit : « Je suis contre la violence. Je ne le regrette pas », a rapporté le TECH2.

Malheureusement, la violence conjugale serait chose courante en Turquie. Selon le ministère turc de la Famille et des Politiques sociales, 86 % des femmes turques ont déjà été victimes de violence physique ou psychologique de la part de leur partenaire ou d’un membre de leur famille. En 2015 seulement, plus de 300 femmes sont mortes à la suite de la violence conjugale. Pourtant, ce problème social omniprésent est souvent excusé, rejeté ou jugé avec indulgence.

« De nombreux pays de la région arabe considèrent encore la violence à l’égard des femmes comme un problème privé et non public », a déclaré Mme Mehrinaz Elawady, de la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (CESAO) au point de presse en ligne Middle East Eye.

Chacun a la responsabilité de mettre fin à la violence conjugale. Que feriez-vous si vous étiez témoin d’une scène comme celle-là en public ?

Regardez la vidéo :

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