Vidéosurveillance: deux géants chinois dans le collimateur de Washington

Par afp
22 mai 2019
Mis à jour: 13 juillet 2019

Les actions de deux sociétés chinoises de vidéosurveillance ont plongé en Bourse mercredi, après des informations selon lesquelles Washington pourrait les placer sur liste noire en lien avec la répression au Xinjiang.

Les groupes Hangzhou Hikvision Digital Technology et Zhejiang Dahua Technology pourraient subir le sort de Huawei, le géant chinois des smartphones, menacé d’embargo sur les fournitures d’équipements technologiques américains, a rapporté l’agence Bloomberg, précisant que trois autres entreprises chinoises du même secteur pourraient subir le même sort.

L’information, rapportée initialement par le New York Times, constituerait un nouveau palier dans la guerre commerciale Chine-Etats-Unis.  Elle s’est traduite par une chute de 5,54% du cours de Hikvision à la Bourse de Shenzhen et de près de 6% du cours de Dahua. Hikvision est le numéro un mondial des équipements de vidéosurveillance, avec 34.000 employés. Le groupe a profité à plein de l’omniprésence des caméras de surveillance en Chine, notamment au Xinjiang, vaste région à majorité musulmane du nord-ouest du pays.

La région, en proie à des attentats ces dernières années, fait l’objet d’une intense reprise en mains de la part de Pékin, au nom de la lutte contre l’islamisme, le terrorisme et le séparatisme.   Jusqu’à un million de musulmans, principalement d’ethnie ouïghoure, seraient ou auraient été détenus dans des camps de rééducation présentés par Pékin comme des centres de formation professionnelle.

Dans un article publié en avril, le New York Times affirmait que Pékin utilisait des caméras de reconnaissance faciale à des fins de « profilage racial », pour surveiller les Ouïghours. L’an dernier, des parlementaires américains ont écrit au secrétaire d’Etat Mike Pompeo et au secrétaire au Trésor Steve Mnuchin pour réclamer des sanctions contre les deux entreprises de vidéosurveillance pour leur participation à la répression au Xinjiang.

Hikvision a réagi à ces informations en disant espérer recevoir « un traitement équitable » aux Etats-Unis. « Hikvision est un fournisseur d’équipements, nous n’avons rien fait d’incorrect au Xinjiang », a assuré sur les réseaux sociaux la secrétaire du Conseil d’administration, Huang Fanghong. « Notre entreprise n’a jamais conclu de marché qui impliquerait de violer les droits de l’homme, elle ne le fait pas et ne le fera pas », a-t-elle assuré.

Interrogé, le ministère chinois des Affaires étrangères a mis en garde Washington, par la voix de son porte-parole Lu Kang, contre la tentation de « diffamer délibérément des entreprises d’autres pays, y compris des entreprises chinoises, et de les réprimer ».  Hikvision est contrôlé par le groupe public China Electronics Technology HIK.

D.C avec AFP

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