La vie heureuse d’un couple d’artistes brisée par l’emprisonnement et la torture

Par Joan Delaney, Epoch Times
7 juillet 2019 Mis à jour: 17 juillet 2019

Tout ce que Huang Guangyu et He Wenting voulaient faire après leur mariage était de perfectionner leur art en tant qu’artistes et de pratiquer leur foi dans la paix.

Huang et He se sont mariés en 2012 et se sont installés dans un village près du bourg de Guangzhou College dans le sud de la Chine. Il était déjà un peintre accompli, diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Guangzhou avec une spécialisation en peinture à l’huile et ayant exposé ses œuvres à plusieurs reprises.

He Wenting (L) and Huang Guangyu. (Minghui.org)

Son épouse était écrivain et poète, et bien qu’elle n’ait pas été formellement formée à l’art, elle peignait depuis son jeune âge et avait étudié pendant un certain temps auprès du célèbre peintre Li Zhengtian.

Ils aimaient la culture traditionnelle chinoise et ont commencé à l’exprimer en utilisant les techniques occidentales de peinture à l’huile, tout en raffinant leurs talents.

Tableau par Huang Guangyu. (Minghui.org)

Mais deux ans seulement après leur mariage, ils ont été envoyés en prison pour avoir sensibilisé la population à la campagne de persécution contre le Falun Gong, en particulier en distribuant des informations sur la manière de contourner le blocus de l’internet du régime chinois.

Le Falun Gong, aussi appelé Falun Dafa, est une discipline spirituelle chinoise héritée de l’Antiquité, basée sur des principes tels que vérité, compassion et tolérance. Le 20 juillet 1999, le Parti communiste chinois a lancé une campagne de persécution brutale contre les pratiquants de cette pratique qui se poursuit aujourd’hui et qui a entraîné des souffrances et des morts indicibles.

Tableau par He Wenting. (Minghui.org)

« Tout a changé du jour au lendemain »

En décembre 2013, Huang et He ont été arrêtés illégalement et leur maison paisible a été mise à sac. Ils ont été détenus jusqu’au mois de mai suivant, où ils ont été condamnés à trois ans de prison, brisant les espoirs et les rêves du jeune couple.

Horrifiée par la situation en prison, He a voulu le faire savoir au monde et a commencé à documenter secrètement sur des feuilles de papier de soie la torture et l’humiliation qu’elle a subies.

« Une lumière vive a frappé le mur devant moi. En comptant les jours depuis que je suis ici, j’ai eu l’impression d’avoir déjà perdu plusieurs couches de peau. Avant de venir ici, j’étais dans mon lit chaud et confortable et j’avais tout ce qu’on puisse envier : un mariage heureux, un travail idéal, un avenir brillant, et je m’exprimais avec mon pinceau. Tout a changé du jour au lendemain », a-t-elle écrit, selon Minghui.org.

« Comme j’avais envie de peindre à nouveau, tout ce que j’ai traversé : le tube de gavage, les menottes, la fenêtre en fer, le logo sur l’uniforme ! Je voyais clairement les bleus sur mes mains, le sang séché sur mes lèvres, mes pieds nus, la saleté dans mes cheveux… des larmes coulent encore sur mes joues. »

Reconstitution d’un gavage forcé d’une pratiquante de Falun Gong. (Minghui.org)

Elle a décrit comment elle a été placée dans une cellule sombre, menottée et enchaînée, et comment il faisait si froid qu’elle ne pouvait pas dormir la nuit.

« La literie était très mince. Je tremblais à cause du froid et je n’arrivais pas à dormir. Un garde masculin criait dehors : ‘Pas de couettes pour la Falun Gong[pratiquante] qui n’a pas révélé son nom !' »

L’idée de ce tableau de Huang Guangyu lui est venue dans un rêve. (Minghui.org)

Elle a entamé une grève de la faim pour protester contre ses mauvais traitements et a été brutalement gavée de force. Le gavage forcé des prisonniers d’opinion du Falun Gong qui entament une grève de la faim est monnaie courante et devient une autre forme de torture. Certains pratiquants sont morts du gavage, selon Minghui.

« Tous les matins, j’étais attachée pour le gavage forcé. Cinq ou six gardiens et détenus de sexe masculin me coinçaient sur le lit et m’enfonçaient la sonde d’alimentation par le nez. J’ai failli m’évanouir à cause de la douleur atroce, et je vomissais constamment. J’entendais mes propres cris tourmentés. Dans le passé, je n’avais que lu des articles sur la torture forcée en ligne, aujourd’hui,  je la subissais moi-même », a-t-elle écrit.

Tableau par He Wenting avec ses livres de poèmes sur la table. (Mingui.org)

On ne sait rien sur le temps passé par Huang Guangyu en prison, mais il est très probable qu’il ait aussi été torturé et maltraité. Selon le Falun Dafa Info Center, la caractéristique probablement la plus importante de la campagne contre le Falun Gong a été l’usage répandu de la torture extrême. Minghui note que sur plus de 3 400 décès confirmés de pratiquants de Falun Gong en Chine entre 1999 et 2016, la grande majorité provenait de la torture.

Lorsque Mme He a été libérée en novembre 2016, elle a réussi à faire sortir clandestinement les feuilles de papier de soie qu’elle avait utilisées comme journal. Huang Guangyu a également été libéré à ce moment-là. On sait peu de choses sur leur vie depuis lors.

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