Rivotril : « On a abrégé les souffrances des gens. Moi, j’appelle ça l’euthanasie », s’indigne un médecin d’Ehpad

Par Nathalie Dieul
19 novembre 2020
Mis à jour: 19 novembre 2020

En pleine épidémie du coronavirus chinois, un décret du 29 mars 2020 a autorisé le recours à des médicaments de soins palliatifs  alors qu’ils sont habituellement interdits en médecine de ville et dans les Ehpad. Des soignants témoignent.

« Quand on a reçu ces directives, ça nous a choqués », s’indigne Sandra Rotureau, cadre de santé, à la caméra de l’équipe de Pièces à conviction de France 3. « De se dire que là, on ne donnait aucune chance aux personnes âgées de s’en sortir », ajoute-t-elle.

Deux résidents en fin de vie de l’Ehpad public Saint-Roch, à Buzançais (Indre), ont reçu des injections de Midazolam.

L’accessibilité  de ce puissant sédatif aux médecins généralistes avait été annoncée dès le 10 février par le ministère de la Santé, indique France Bleu, dans un article précisant que cette molécule permettant de pratiquer une « sédation profonde et continue » serait disponible quatre mois plus tard. Pourtant, le Midazolam a été mis à disposition des médecins bien avant cette date.

« Quand une personne âgée n’est pas hospitalisée [par manque de lits] et qu’ensuite, ce qu’on lui propose, c’est une sédation dès l’instant qu’elle va présenter une détresse respiratoire… ma première réaction, ça a été : on nous demande de faire une euthanasie passive auprès de nos résidents », explique Sandra Rotureau.

Le député Meyer Habib a dénoncé le 2 avril l’usage du Rivotril, une autre alternative prévue en cas de difficulté d’approvisionnement du Midazolam. Parlant de « permis légal d’euthanasier en France », il avait tweeté : « C’est moralement insoutenable ! »

De son côté, une femme médecin d’un Ehpad public témoigne de l’horreur de la situation qu’elle a vécue à cause de ces « injonctions paradoxales », destinées à « abréger les souffrances des gens », ce qu’elle appelle sans détour « l’euthanasie ».

« Je n’ai pas le droit de prescrire quelque chose qui pourrait soigner les personnes si elles étaient atteintes », explique-t-elle, sous couvert de l’anonymat. « Par contre, je suis autorisée à les faire partir… en douceur comme ils disent. »

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