Un virus qui provoque une hystérie

Par Dennis Prager
4 mars 2020
Mis à jour: 4 mars 2020

On passe d’une hystérie à l’autre.

Même dire cela n’est pas tout à fait exact. Nous subissons aujourd’hui plusieurs hystéries à la fois.

La dernière hystérie à ce jour, bien sûr, est la COVID-19 – la maladie causée par le nouveau coronavirus. Outre la Chine, d’où provient ce virus, les grandes villes d’Italie et du Japon ont été fermées et leur population confinée. Le Japon a également fermé toutes ses écoles. Aux États-Unis où, au moment de l’écriture de ces lignes, six personnes sont mortes, les États de Washington (où ces six décès sont survenus) et de Floride ainsi que la ville de San Francisco ont déclaré l’état d’urgence.

De nombreux événements importants ont été annulés dans le monde entier. On n’a qu’à mentionner ces quelques événements dans le domaine des télécommunications :

– Le MWC (Mobile World Congress), le plus grand salon de l’industrie de la téléphonie mobile, connu comme « le plus grand événement mobile au monde », initialement prévu fin février à Barcelone, Espagne ;
– Le sommet mondial du marketing Facebook, prévu en mars à San Francisco ;
– Le sommet mondial Microsoft MVP, envisagé en mars dans l’État de Washington ;
– Le sommet de l’Initiative Google News, prévu en avril en Californie, etc.

Amazon a demandé à ses 798 000 employés d’arrêter immédiatement tout voyage non essentiel, tant national qu’international, etc.

Pendant ce temps, selon Time, « les actions américaines ont perdu près de 12 % et 3 500 milliards de dollars ont été effacés sur les actions cotées aux États-Unis. C’était la pire semaine pour les actions depuis la crise financière d’octobre 2008 ».

De plus, d’après le site Markets Insider, le « rendement des bons du Trésor à 10 ans a atteint un creux record mardi dernier, alors que le coronavirus a secoué les marchés du risque et que les investisseurs ont afflué vers des valeurs refuges ».

Si ces tendances se poursuivent, l’économie mondiale entrera probablement en récession, voire en dépression.

Toutefois, à moins que le coronavirus ne devienne un tueur de masse mondial, il sera juste de dire que l’hystérie qui l’entoure causera beaucoup plus de dégâts que le virus lui-même.

Tout cela fait penser aux trois questions suivantes :

1. Pourquoi ne voyons-nous pas une réaction sobre et mesurée à ce virus ?
2. Quelle est la cause de cette hystérie ?
3. Pourquoi tant de gens paniquent ?

Réponse à la question no 1 : Parce que les gens ont perdu leur libre arbitre.

Cette nouvelle grippe, comme ses prédécesseurs le SRAS et la grippe porcine, a reçu un nom. Chaque année, des dizaines de milliers de personnes meurent de la simple grippe saisonnière. Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), au cours de la saison 2017-2018, rien qu’aux États-Unis environ 61 000 personnes sont décédées de la grippe saisonnière. Cependant, puisque cette grippe n’avait pas de nom particulier, personne – à part les proches des gens qui en sont décédés – ne connaissait ou ne se souciait d’une grippe sans nom.

En 2003, l’hystérie a été provoquée par le SRAS, également originaire de Chine, qui a tué au total 774 personnes dans 29 pays.

En 2009, l’Organisation mondiale de la santé (qui mérite bien d’être rebaptisée Organisation mondiale de l’hystérie), a relevé le niveau d’alerte pandémique mondial pour la grippe porcine à la phase 6 – le niveau d’alerte le plus élevé.

Selon les CDC, en 2009-2010, la grippe porcine a infecté environ 61 millions d’Américains, dont environ 12 000 sont morts. En comparaison, toujours selon les CDC, la simple grippe saisonnière, celle de 2010-2011, a tué environ 37 000 Américains. En 2012-2013 ce chiffre a été au niveau de 43 000 et, comme mentionné plus haut, 61 000 Américains sont morts de la grippe saisonnière en 2017-2018 (l’estimation maximale des CDC était au niveau de 95 000).

Réponse à la question no 2 : dans une écrasante majorité, la cause provient des médias. Les médias d’information ont rapporté de façon haletante pratiquement chaque nouveau cas diagnostiqué de coronavirus, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Le journal le plus lu au Canada, The Globe and Mail, pourrait servir d’un exemple typique de ce genre de reportages : « COVID-19 se propage si rapidement qu’un chercheur de Harvard a mis en garde que de 40 à 70 % des adultes du monde entier seront infectés ».

Toutefois, les médias ne prennent pas la peine de vous informer qu’être « infecté » ne signifie pas, pour presque tout le monde, mettre éventuellement votre vie en danger.

Réponse à la question no 3 : cette question laisse perplexe.

Je ne sais pas pourquoi les gens paniquent si facilement. Peut-être est-ce dû à la nature humaine. Peut-être est-ce à cause du pouvoir des médias d’influencer les esprits. Peut-être est-ce parce que la vie est si facile dans le monde moderne que les gens s’attendent à une vie sans maladie mortelle ni mort prématurée, quelle qu’en soit la cause. Peut-être est-ce dû au manque de libre arbitre mentionné ci-dessus.

Il y a des choses pour lesquelles les gens devraient vraiment commencer à paniquer. Par exemple, le mépris du capitalisme avec son libéralisme économique ainsi que le mépris de l’Amérique et autres puissances occidentales – le mépris qui est enseigné aux jeunes Occidentaux depuis l’école primaire jusqu’à l’université – est digne de panique. Les niveaux extrêmes d’endettement de l’économie que nous accumulons en le mettant d’une manière irresponsable sur le dos des générations futures – ceci afin de maintenir nos « droits et privilèges » – méritent également la panique. Il en va de même pour la sexualisation prématurée des enfants – les encourager à choisir leur propre sexe par toutes sortes de moyens – en particulier, en amenant les enfants américains de 5 ans dans les bibliothèques publiques pour « l’heure du conte de la drag queen ».

Toutefois, toutes ces idées ne sont pas encore acceptées et partagées par la plupart des Occidentaux.

J’ai de grands soucis pour les enfants aujourd’hui. On leur dit sans cesse que le réchauffement climatique constitue une « menace existentielle » pour la vie sur terre. On leur dit aussi sans cesse, surtout aux États-Unis, que Donald Trump représente une « menace existentielle pour l’Amérique ». Il y a quelques semaines, par exemple, ces mots ont été utilisés dans le New York Magazine par le chroniqueur Frank Rich, ils ont aussi été employés à plusieurs reprises dans les discours de Michael Bloomberg, le candidat démocrate « modéré » à la présidence américaine. Aujourd’hui, on dit aux enfants que leurs familles feraient mieux de s’approvisionner en papier toilette, car seul Dieu sait quand ils ne pourront plus quitter leur maison.

C’était Franklin Delano Roosevelt, le président démocrate qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, a dit aux Américains que « la seule chose qui puisse nous faire peur est la peur elle-même ». Ce président est devenu un symbole libéral américain, en partie pour avoir dit cela.

C’est presque exactement ce que dit aujourd’hui Donald Trump. Pourtant, il est considéré être une « menace existentielle » pour l’Amérique et le reste du monde.

Dennis Prager est chroniqueur et animateur des émissions radio diffusées à grande échelle.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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