Comment vivre paisiblement avec des pensées négatives

Baissez le volume des mots qui vous viennent à l'esprit.
Par Nancy Colier
26 novembre 2019 Mis à jour: 4 décembre 2019

Avez-vous des pensées négatives répétitives ? Si c’est le cas, le diagnostic est confirmé : vous êtes humain.

Selon le laboratoire de recherche sur les circuits neuronaux Laboratory of Neuro Imaging de l’université de Californie du Sud aux États-Unis, une personne moyenne a de 60 000 à 70 000 pensées par jour. En tant que psychothérapeute, je peux dire avec certitude qu’une grande partie de ces pensées portent sur ce qui peut mal tourner, ce qui va mal tourner, ce que nous avons fait de mal et ce que les autres font mal.

Ce qui rend les pensées négatives répétitives si difficiles, c’est qu’elles découlent souvent de croyances fondamentales comme : « Je ne suis pas assez bon », « Je n’obtiendrai pas ce que je veux » ou « Le monde n’est pas digne de confiance ». Parce qu’elles sont construites à partir de ces croyances profondes, les séquences de pensée répétitives sont très puissantes et tenaces. Nous les croyons, ces pensées – comme si leur persistance était en quelque sorte la preuve qu’elles sont fondées. En conséquence, nous sommes obligés d’être d’accord avec leur contenu.

« Les pensées négatives répétitives font partie du parcours de l’être humain ; nous ne pouvons pas les arrêter. Nous pouvons cependant cesser d’essayer de changer l’immuable. »

Tôt dans la vie, nous devrions apprendre que nous devons faire quelque chose au sujet de nos pensées négatives : Prouvons-leur qu’elles ont tort, convainquons-nous qu’elles sont fausses, ou remplaçons-les activement par des pensées positives. Quoi qu’il en soit, nous devons nous battre.

Il n’y a rien de fondamentalement erroné dans ces stratégies. Il est parfois utile d’argumenter et de réfuter les pensées négatives, tout comme de les remplacer activement par des pensées positives. Mais l’approche la plus efficace que j’ai trouvée pour les pensées négatives répétitives est, en fait, la moins intuitive. Elle ressemble à ceci : cessez d’essayer de changer les pensées négatives ; ne faites rien avec elles ou à leur sujet ; cessez de lutter contre ce qui se passe déjà ; et portez votre attention, ailleurs.

Se réconcilier avec les pensées négatives

(marekuliasz/Shutterstock)
« Penser négativement rendra votre vie positive » (marekuliasz/Shutterstock)

Comment pouvons-nous être bien, alors que ce qui se passe dans notre esprit ne l’est pas ? Nous pouvons présumer qu’en acceptant de ne pas changer nos pensées négatives, nous acceptons, en fait, de les croire – d’aller dans leur sens. Et si ce n’était pas vrai du tout ?

Et si des pensées négatives pouvaient apparaître dans votre monde intérieur, et que vous pouviez comprendre leur contenu, mais sans avoir à faire quoi que ce soit à leur sujet – sans avoir à les faire disparaître, ni y investir de l’énergie, ni participer à leurs histoires, ni même les croire ? Et si les pensées négatives ne signifiaient, en fait, rien sur qui vous êtes réellement ? Cependant, avant de pouvoir pratiquer cette approche, nous devons croire que c’est possible.

Nous vivons dans une culture prônant l’action et, pour certains, la directive de ne rien faire peut sembler inadaptée. Il peut donc être utile de recadrer le terme « ne pas agir » en quelque chose de plus proactif. Plus précisément, au lieu de vous concentrer sur le fait de ne pas changer vos pensées, détournez votre attention des pensées elles-mêmes, vers ce qui se trouve derrière elles.

Dès que des pensées négatives apparaissent, nous avons tendance à focaliser notre attention sur elles à l’aide d’un faisceau laser, bloquant ainsi toute autre chose qui pourrait exister dans notre conscience. Et pourtant, que se passerait-il si nous regardions au-delà de celles-ci, et que nous contemplions tout ce qu’il y a d’autre ? Qu’y a-t-il derrière et sous ces pensées ? Ce faisant, nous délaissons les pensées elles-mêmes et portons notre attention sur l’espace qui les entoure. C’est comme déplacer notre attention des oiseaux, vers le ciel.

En premier lieu, un aspect important de cette pratique est de ne pas de juger le fait que nous ayons des pensées négatives. En vérité, les pensées se produisent avec ou sans notre consentement. Le fait que les pensées négatives reviennent encore et encore est un phénomène du système d’exploitation de notre esprit. Ce n’est pas un défaut de notre part ; cela ne nous rend pas moins spirituels, ni particulièrement troublés. Plus vite nous pourrons accepter cette vérité, plus vite nous pourrons commencer à vivre.

Baissez le volume

 (g-stockstudio/Shutterstock)
(g-stockstudio/Shutterstock)

Essayez-le pendant une journée ou une heure : ne changez pas vos pensées, peu importe ce qu’elles contiennent – laissez-les simplement faire, laissez-les se produire. Détournez votre attention de ces pensées et tournez-la vers ce qui importe – votre propre conscience et votre propre présence. Connectez-vous à l’espace dans lequel les pensées apparaissent, le silence derrière le bruit et l’immobilité derrière le mouvement.

Lorsque nous détournons notre attention de cette façon, quelque chose de très curieux se produit : les pensées commencent à perdre leur pouvoir. Elles sont peut-être encore là, mais elles ont moins d’effet. Le volume des pensées passe d’un cri à un murmure. Parfois, à mesure que les pensées deviennent moins séduisantes et qu’elles ne parviennent ni à nous émouvoir ni à nous intéresser, elles commencent vraiment à s’estomper. Et pourtant, parfois, elles ne s’estompent pas. Bien que nous préférerions que les pensées négatives s’apaisent plutôt que de continuer, ni l’un ni l’autre des deux cas n’est la preuve du succès ou de l’échec de notre processus.

Les pensées négatives répétitives font partie du parcours de l’humain ; nous ne pouvons pas les arrêter. Nous pouvons cependant cesser d’essayer de changer l’immuable. Ce qui compte, c’est la façon dont nous nous associons à ces pensées. Nous générons la paix intérieure lorsque nous abandonnons le combat avec l’inévitable, et que nous portons notre attention vers de nouvelles frontières. En fin de compte, la relation que nous construisons avec nos pensées et le type d’attention que nous leur accordons, est ce qui crée le genre d’expérience que nous avons.

Nancy Colier est psychothérapeute, célébrante interconfessionnelle, auteure, conférencière et animatrice d’ateliers. Pour plus d’informations, visitez NancyColier.com.

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