Vu de l’étranger, le succès des start-up françaises

27 juillet 2015
Mis à jour: 18 octobre 2015

 

Ah… les Français seraient doués en technologie ? Le constat a de quoi étonner, mais s’installe petit à petit aux États-Unis. À en croire le très sérieux Financial Times, lentement, sûrement, la France va s’affirmer comme un « pays clé dans les développements technologiques » d’ici à 2020, ce que confirment de nombreux indicateurs sur le développement de l’industrie du numérique dans notre pays.

D’après le magazine américain, d’ « inexistante » il y a quelques années, la France est devenue n°2 derrière les États-Unis dans le marché de l’innovation numérique. Le journal se base sur le lancement quasi hebdomadaire de nouveaux produits numériques aux États-Unis, en provenance de l’Hexagone. Deezer, Dailymotion, Blablacar, Criteo, SigFox… le bon maintien des start-up créées il y a quelques années inspire outre-Atlantique.

L’innovation numérique française aux États-Unis

L’analyse du Financial Times révèle un concours de circonstances expliquant la réussite française : d’abord, le fait que de nombreux ingénieurs fraîchement diplômés aient monté leur propre start-up en 2008, alors qu’ils ne trouvaient plus de travail dans les grandes entreprises du marché. Ensuite, le nombre de mathématiciens, ingénieurs et entrepreneurs bénéficiant d’une formation de qualité ; et finalement, les politiques publiques, favorables au numérique.

La Banque Publique d’Investissement confirme l’analyse américaine. « Il y a encore une dizaine d’années, ces étudiants [ingénieurs] rêvaient avant tout d’une carrière dans un grand groupe, voire dans la fonction publique. Aujourd’hui en revanche, les jeunes n’hésitent plus à rejoindre une start-up ou à lancer leur propre entreprise, à la sortie d’une école d’ingénieur ou de commerce », explique-t-elle.

Liam Boogar, jeune entrepreneur américain installé à Paris et créateur de la start-up rudebaguette.com, rappelle : « Vous devez vous souvenir que dans les années 90, la France avait le Minitel. Une sorte de version d’Internet, rendu accessible à 90 % de la population en 1981 et universel par le Wifi domestique en 2000 », résume-t-il. « Le French design qui puise ses racines dans l’univers de la mode et du luxe a été central dans l’élaboration des nouveaux produits », analyse-t-il encore.

Les 24 et 25 juin dernier, la « French Tech » a ouvert ses portes aux New-yorkais. Organisé par les entrepreneurs français et en partenariat avec l’Innovation Touch Association, l’évènement se voulait être une vitrine du savoir-faire français. À cette occasion, le gouvernement français a annoncé la création d’un « visa French Tech » à destination des start-up américaines qui voudraient travailler ou renforcer leurs liens avec les initiatives de l’Hexagone.

Mirakl : exemple d’une success story à la française

Un parcours pourrait bien illustrer la success story des innovations françaises : celui de Mirakl, jeune start-up montée par Philippe Corrot et Adrien Nussenbaum. Avant cette entreprise, le duo a réussi à rentabiliser rueducommerce.com ou encore les Galeries Lafayette. Leur nouvelle entreprise, Mirakl, la spécialise dans le dénichement de place de marchés numériques et fournit aux sociétés faisant appel à eux des outils pour les maîtriser.

« Notre solution permet d’intégrer de nouveaux vendeurs, leur stock, leurs commandes et les relations client afin de démultiplier l’offre », souligne Philippe Corrot. Suivant le modèle développé par leurs soins, la Fnac est passée de moins de 500 000 références sur son site à plus de 10 millions aujourd’hui. Mirakl, suite aux 20 millions de dollars d’investissement injectés par des entrepreneurs américains, pèse désormais près de 100 millions de dollars et propose une plateforme d’intégration multilingue ainsi qu’une centaine d’outils mesurant le suivi des transactions et assurant une excellente qualité de suivi.

« Comme Rueducommerce en France, YouBuy a commencé par développer son propre outil en interne », évoque Philippe Corrot, citant la chaîne de supermarchés ayant fait appel à ses services. « Mais notre expertise, qui est le fruit de dix ans d’expérience, nous permet d’avoir une avance précieuse », estime-t-il. Suite à la campagne d’investissement, Adrien Nussenbaum compte s’installer à Boston et pénétrer le marché américain.

Dans un autre registre, Business France a annoncé qu’elle cherchait une vingtaine de start-up pour porter les couleurs de la France lors du prochain Consumer Electronic Show qui devrait avoir lieu à Las Vegas en janvier 2016. Après la réussite de l’édition 2015, où était présent Emmanuel Macron aux côtés des entrepreneurs, on devine que les Français préparent leur come-back.

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