Washington continue de penser que le nouveau coronavirus vient de la nature

Par Stephen Bryen
24 avril 2020
Mis à jour: 24 avril 2020

Washington s’accroche à l’idée que le coronavirus est une maladie zoonotique, c’est-à-dire une maladie qui a été transportée par des animaux et qui a infecté les êtres humains.

Le tsar américain des coronavirus, le Dr Anthony Fauci, ainsi que le Centre de contrôle des maladies et l’Institut national de la santé ont soutenu cette thèse, qui est également défendue par l’OMS et, bien sûr, par des responsables chinois. La plupart des scientifiques du monde entier ont adhéré à l’idée que le coronavirus vient de la nature.

Il est généralement admis que la pandémie de coronavirus provient d’un type de chauves-souris dénommé « rhinolophe« , ou « chauves-souris fer à cheval », qui ont infecté un hôte intermédiaire inconnu, puis que le virus mortel a été transmis à l’homme.

La chauve-souris fer à cheval n’existe pas à Wuhan, la ville où l’infection a débuté chez l’homme, bien que des chauves-souris fer à cheval ont été collectées et utilisées dans le cadre d’études menées à l’Institut de virologie de Wuhan, le seul laboratoire de biosécurité de niveau 4 situé en Chine, ainsi qu’au Centre de contrôle et de prévention des maladies de Wuhan, qui se trouve à environ 600 mètres du marché de fruits de mer de Wuhan et à côté de l’hôpital de l’Union de la ville, où les premiers patients ont été traités.

C’est le Centre de contrôle et de prévention des maladies de Wuhan qui a été le premier à détecter la présence du nouveau coronavirus chez deux patients hospitalisés atteints de pneumonie atypique, le directeur de cet hôpital a appelé Shi Zhengli de l’Institut de virologie de Wuhan pour lui demander de l’aide. La raison exacte pour laquelle le directeur a appelé le Dr Shi Zhengli et non d’autres scientifiques du laboratoire de Wuhan n’a pas été précisée. Le Centre de Wuhan savait-il que la maladie provenait des chauves-souris fer à cheval ?

CORONAVIRUS : CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR

Fragments de VIH

Le virus porté par la chauve-souris fer à cheval ne ressemble qu’à environ 86 % voire jusqu’à 92 % à celui du nouveau coronavirus infectieux pour l’homme, également connu sous le nom de SARS-COV-2, qui provoque la maladie appelée covid-19.

Un scientifique français controversé, le Dr Luc Montagnier, qui a découvert que l’épidémie de sida était causée par le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) et a reçu un prix Nobel (et qui travaille aujourd’hui en Chine à l’université Jiao Tong de Shanghai), affirme que l’on trouve des « fragments d’ARN du VIH » dans le génome du coronavirus.

En Russie, Veronika Skvortsova, directrice de l’Agence fédérale médico-biologique (FMBA) et ancienne ministre de la Santé, a été interrogée sur le caractère artificiel du virus pandémique. Elle a répondu : « Nous pouvons voir qu’un nombre assez important de fragments distingue ce virus de son très proche parent, le SRAS. »

Le Dr Luc Montagnier affirme que le coronavirus a été fabriqué par l’homme et qu’il ne peut pas apparaître dans la nature. Selon lui, le laboratoire de virologie de Wuhan « a essayé d’utiliser l’un de ces coronavirus comme vecteur du VIH dans la recherche d’un vaccin contre le sida ».

Si l’affirmation du docteur Luc Montagnier est valide, alors il faudrait des preuves solides pour démontrer que le laboratoire de Wuhan travaillait au développement d’un vaccin contre le sida et a utilisé le coronavirus dans le cadre de ses recherches.

Perspectives commerciales

Il convient de noter que la recherche d’un vaccin contre le sida a une importance commerciale très significative. Rien qu’en 2018, quelque 1,7 million de nouvelles infections par le VIH ont été signalées. Aujourd’hui, on sait que plus de 37 millions de personnes vivent avec le sida. Rien qu’en 2018, 770 000 personnes sont mortes du sida, dont environ 100 000 enfants.

Si l’on en croit les chiffres rapportés, la Chine compte chaque année 3 % des nouvelles infections par le VIH dans le monde. En 2018, la Chine a signalé une augmentation de 14 % des nouvelles infections, dont 40 000 au cours du seul deuxième trimestre.

Selon les recherches effectuées par Yaakov Applebaum, Jiang Mianheng, le fils de Jiang Zemin (l’ancien chef du Parti communiste chinois), est l’homme directement responsable de la construction du laboratoire de biosécurité de niveau 4 en Chine, l’Institut de virologie de Wuhan. Son fils, Jiang Zhicheng, dispose d’une participation majoritaire dans Wuxi AppTec qui, à son tour, contrôle Fosun Pharma.

Le 21 janvier 2020, l’Institut de virologie de Wuhan a déposé une demande de brevet chinois pour le médicament Remdesivir qui est actuellement testé à Chicago comme traitement prometteur contre le coronavirus. Dans un communiqué de presse intitulé « Les chercheurs chinois ont fait d’importants progrès pour sélectionner de nouveaux médicaments contre les coronavirus », on peut lire que le médicament Remdesivir « n’a pas été répertorié en Chine et présente des problèmes de propriété intellectuelle ; nous avons donc déposé un brevet d’invention chinois […] pour des raisons d’intérêt national, conformément à la réglementation internationale ».

En bref, la Chine a procédé à la rétro-conception d’un produit qui a été développé et breveté aux États-Unis par Gilead Sciences, basé à Foster City, en Californie. Les projets pour la fabrication du Remdesivir en Chine ne sont pas connus, ni le rôle de Fosun Pharma dans une quelconque production prévue, bien que Fosun fabrique des produits pharmaceutiques, y compris des vaccins contre la grippe.

Notez que si le virus a été découvert en décembre, l’exploitation du Remdesivir s’est faite très rapidement. La Chine a-t-elle pu accéder aux ordinateurs de Gilead Sciences ?

Vaccins contre le VIH ?

Si le Dr Luc Montagnier a raison de dire qu’il y a des fragments de VIH dans le nouveau coronavirus, la question se pose alors de savoir si l’Institut de Wuhan et d’autres laboratoires ont travaillé sur des vaccins contre le VIH en utilisant des coronavirus.

En résumé, des travaux importants étaient en cours à Wuhan et dans d’autres centres de recherche, notamment à Shanghai. En juin 2014, cinq scientifiques chinois ont publié un article de synthèse intitulé « Vaccins contre le VIH basés sur le domaine de liaison au récepteur ». Les scientifiques concernés sont Huan Liu de l’Institut de virologie de Wuhan et Wenwen Bi, Qian Wang, Lu Lu et Shibo Jiang du Laboratoire clé de virologie moléculaire de la Faculté de médecine de Shanghai. (Shibo Jiang a également collaboré avec l’Institut de recherche Kimball du Centre du sang de New York).

L’étude examine les nombreux efforts déployés pour trouver une piste permettant de mettre au point un vaccin contre le sida. Les auteurs notent que « [d]ans des études précédentes, nous avons tenté d’utiliser le domaine de liaison au récepteur (RBD) du virus, comme les modèles MERS-CoV et le virus de la grippe aviaire A, comme antigène pour la conception d’un vaccin. Dans la pratique, cette stratégie a donné de très bons résultats ». Le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) est une maladie respiratoire virale nouvelle pour l’homme, identifiée pour la première fois en 2012. Le MERS est un type de coronavirus.

En 2015, un certain nombre de scientifiques, dont la désormais célèbre « femme chauve-souris » Shi Zhengli (nommée dans l’article ‘Zhengli-LiShi’), ont publié un article intitulé « Un groupe de coronavirus de chauves-souris en circulation, semblable à celui du SRAS, montre un potentiel de développement chez l’homme ». L’étude a été réalisée par des chercheurs américains associés au département de biologie cellulaire de l’université de Caroline du Nord et est probablement liée à des travaux financés par le gouvernement américain. Ces recherches ont été suspendues en raison de leur dangerosité en 2014, mais ont repris en 2017.

L’article se concentre sur le virus SHCO14-CoV, similaire au SRAS, « qui circule actuellement au sein des populations chinoises de chauves-souris fer à cheval ». Shi Zhengli est devenu célèbre pour s’être rendu sur les lieux où vivent ces chauves-souris, les avoir capturées et les avoir ramenées au laboratoire de virologie. Les chercheurs déclarent : « En utilisant le système de génétique inverse du SRAS-CoV, nous avons créé et caractérisé un virus chimérique exprimant l’intensité et la concentration du coronoavirus SHCO14 des chauves-souris dans une structure adaptée pour la souris du SRAS-CoV. »

Un virus chimérique est défini comme « un nouveau micro-organisme hybride créé en joignant des fragments d’acide nucléique provenant de deux ou plusieurs micro-organismes différents, dans lequel chacun d’au moins deux des fragments contient les gènes essentiels nécessaires à la réplication ».

Le groupe de recherche a donc pu prendre le virus de la chauve-souris et le rendre potentiellement capable d’infecter les êtres humains, ou comme ils le disent, « nous avons construit un virus chimérique encodant une nouvelle protéine zoonotique CoV de pointe […] qui a été isolée à partir de chauves-souris fer à cheval chinoises – dans une structure adaptée à la souris SRAS-CoV ».

Le but de cette recherche n’est pas clair, mais elle a certainement démontré qu’un coronavirus peut être modifié de manière à ce que l’infection puisse apparaître chez l’homme.

Préoccupations des États-Unis

En 2018, comme on le comprend maintenant, les États-Unis étaient préoccupés par les conditions de travail du laboratoire de virologie de Wuhan, l’ambassade américaine à Pékin a donc envoyé une équipe à deux reprises pour se rendre au laboratoire et y rencontrer des scientifiques, dont le Dr Shi Zhengli.

Le rapport a mis en évidence de sérieuses lacunes au sein du laboratoire et émis des avertissements sur les menaces potentielles liées aux coronavirus chez les chauves-souris. On peut supposer que l’ambassade en savait beaucoup plus sur les recherches menées par le laboratoire de Wuhan concernant les chauves-souris, au-delà de ce qui a été révélé jusqu’à présent, et qu’elle était très préoccupée par le danger que cela représentait.

Malheureusement, le département d’État n’a pas publié les informations envoyées aux États-Unis ni les éléments qui ont motivé les enquêtes. De plus, il semble que les experts du département d’État se sont rendus au laboratoire une seconde fois, ce qui laisse penser qu’ils ont reçu l’ordre de retourner pour poser davantage de questions sur ce que les scientifiques chinois faisaient avec ces chauves-souris fer à cheval.

Il est clair que le gouvernement américain a été averti – en fait, le centre de contrôle des maladies (CDC) a fermé certains laboratoires aux États-Unis par crainte de voir apparaître des infections virales.

Compte tenu des résultats obtenus par la Chine dans le domaine de la recherche, des mises en garde concernant les conditions régnant dans le laboratoire de virologie de Wuhan, des recherches précédemment enregistrées concernant la modification des virus du SRAS (corona) et des recherches sur les coronavirus et le VIH, il est difficile de comprendre pourquoi Washington s’en tient à l’explication de l’actuel fléau causé par le coronavirus, fondée la transmission naturelle du virus de la chauve-souris à l’homme. Washington sait mieux que quiconque.

Prétendre que la pandémie de coronavirus est un phénomène naturel est délibérément trompeur pour le peuple américain et les personnes infectées par le coronavirus de par le monde entier.

Au minimum, le Centre de contrôle des maladies (CDC) et les Instituts nationaux de santé publique (NIH) ainsi que le département d’État doivent nous dire ce qu’ils savent vraiment. Une enquête indépendante est nécessaire, avec un accès complet à tous les dossiers.

Stephen Bryen, docteur en philosophie, est considéré comme un maître à penser en matière de sécurité technologique. Il a reçu à deux reprises la plus haute distinction civile du ministère de la Défense, la médaille du service public émérite. Son dernier livre est Technology Security and National Power: Winners and Losers (littéralement, « Technologie, sécurité et pouvoir national : Gagnants et Perdants »).

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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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