À l’occasion du 70e anniversaire du régime chinois, Xi Jinping fait face à des pressions toujours croissantes, ont révélé des sources internes au régime

Par Zhang Dun
1 octobre 2019 Mis à jour: 3 octobre 2019

Le dirigeant chinois Xi Jinping subit d’énormes pressions en raison des manifestations de Hong Kong, de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis et des problèmes intérieurs. C’est ce que deux sources internes du régime chinois ont révélé à Epoch Times peu avant la Fête nationale du 1er octobre, qui célèbre le 70e anniversaire de la prise de pouvoir du Parti communiste en Chine.

En outre, deux factions rivales au sein de la direction chinoise ont intensifié leurs critiques sur la manière dont le dirigeant Xi Jinping gère les grandes affaires politiques.

Les deux sources internes, les enfants de doyens du Parti communiste chinois (PCC), se sont entretenues avec Epoch Times sous le couvert de l’anonymat.

Manifestations à Hong Kong

Les manifestations incessantes à Hong Kong posent l’un des plus grands défis politiques pour Pékin. Le week-end précédant la Fête nationale du 1er octobre, les manifestants de Hong Kong sont sortis en masse avec des slogans appelant à s’opposer à l’autoritarisme.

Les Hongkongais ont de nouveau manifesté en masse le 1er octobre pour exprimer leur déception vis-à-vis des autorités chinoises : La Fête nationale n’est pas un jour de célébration, mais un jour de deuil.

L’une des sources a déclaré aux journalistes d’Epoch Times que Xi Jinping n’était pas disposé à montrer une position dure à l’égard des manifestations de Hong Kong alors que Pékin célèbre le 70e anniversaire du régime, mais en même temps, il ne veut pas non plus faire de concessions aux exigences des Hongkongais, en particulier concernant la revendication d’un « vrai » suffrage universel.

« Xi Jinping a décidé de ne pas réprimer les manifestations [à Hong Kong] avant la Fête nationale [du 1er octobre], et personne parmi les hauts dirigeants ne le contestera à ce sujet. Ce qui m’inquiète, c’est ce qu’il fera après la Fête nationale. Comme la ligne rouge à ne pas franchir de Xi est ‘aucun tir sur les manifestants et aucun mort n’est autorisé’, il n’y aura pas de répression semblable à celle du massacre de la place Tiananmen [du 4 juin 1989]. Et il continuera avec ses tactiques actuelles – vous pouvez les appeler des tactiques indécentes ou comme vous le voulez. De façon similaire, le camp pro-démocratie de Hong Kong organisera des manifestations et des rassemblements à chaque jour de fête », a présumé l’informateur anonyme.

« Cependant, si le Parti communiste chinois décide de réprimer brutalement les manifestations après la Fête nationale, ce sera un désastre pour le Parti, car le président Trump vient de déclarer clairement aux Nations unies que les États-Unis ne parviendront pas à un accord dans les négociations commerciales avec la Chine si cette dernière ne traitait pas d’une manière ‘humaine’ le problème de Hong Kong. En outre, l’Union européenne, le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont tous déclaré adopter des positions similaires », a-t-il ajouté.

« J’estime que c’est la plus grande pression à laquelle fait face Xi Jinping, car il aurait énormément à perdre s’il osait s’opposer à tous ces pays démocratiques libres. Il doit également tenir compte des pertes que cela pourrait occasionner à Hong Kong. Par conséquent, je ne pense pas qu’il osera réprimer les manifestations à Hong Kong par une intervention militaire », a-t-il poursuivi.

Police de Chine continentale à Hong Kong

L’informateur anonyme a également fait remarquer qu’il y a beaucoup de policiers de Chine communiste parmi les forces de l’ordre de Hong Kong.

Le nombre de policiers de Hong Kong n’est que de 30 000. Ils n’ont pas la capacité de gérer de telles manifestations de masse. La police de Chine continentale est partout, vêtue avec les uniformes de la police de Hong Kong, selon l’informateur.

En outre, il a souligné qu’au cours des 22 années qui ont suivi la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997, le Parti communiste chinois a réussi à infiltrer les forces de l’ordre de Hong Kong grâce à sa campagne Blue-Gold-Yellow (bleu-or-jaune).

Le PCC mène cette campagne dans le but d’étendre son contrôle en dehors de la Chine continentale. Le « bleu » dans son nom représente la censure et le lavage de cerveau par le biais de l’Internet, l’ « or » symbolise le contrôle par l’argent, et le « jaune » désigne les pièges sexuelles et le chantage pour forcer à la coopération, lorsque cela s’avère nécessaire.

Les opposants à Xi Jinping intensifient leurs critiques

Le deuxième informateur anonyme a révélé que les différentes voix s’élevant contre Xi Jinping au sein de la direction du régime chinois devenaient de plus en plus intenses. Par exemple, le 15 septembre, le magazine Qiushi, principale publication théorique du PCC, a publié un discours de Xi Jinping datant de 2014 dans lequel il abolit l’ancien système de mandats permanents pour les hauts fonctionnaires du PCC en le remplaçant par un système de mandats d’une durée déterminée.

Cela contraste fortement avec la révision de la Constitution faite par Xi Jinping lors du 19e Congrès national du PCC en 2017, lorsqu’il a supprimé la limite du mandat pour le « président » et le « vice-président » chinois, devenant ainsi un « président à vie ».

« Les différentes voix [ciblant Xi Jinping] au sein du Parti sont devenues de plus en plus fortes, et ces gens utilisent souvent ses déclarations passées pour critiquer ce qu’il fait maintenant. »

L’informateur anonyme a expliqué que cela se produit parce que Xi Jinping n’a pas bien géré la situation à Hong Kong et la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis en « créant des problèmes difficiles à résoudre », se rendant ainsi vulnérable aux attaques.

En août, les dirigeants du PCC ont tenu leur réunion annuelle à Beidaihe. La réunion, qui se tient dans un endroit isolé au bord de la mer, regroupe généralement des hauts responsables actuels et retraités du Parti. Lors de cette réunion, diverses factions au sein du PCC tentent de parvenir à un consensus avant que les principales décisions ne soient annoncées un peu plus tard lors des sessions plénières du Parti.

L’informateur a également révélé que lors de cette réunion à Beidaihe, Jia Qinglin, ancien membre de la Commission permanente du Bureau politique du Parti communiste chinois, a écrit une lettre ouverte intitulée : « Allons-nous encore avoir une réunion à Beidaihe l’année prochaine ? »

Jia Qinglin a soulevé des points sensibles dans la lettre, comme « Comment diable prévoyons-nous résoudre le problème de Hong Kong ? » De plus, les relations entre la Chine et les États-Unis se sont détériorées à un tel point, et l’économie chinoise continue de décliner, « Pouvons-nous [le PCC] survivre jusqu’à l’année prochaine ? »

L’informateur a également confirmé des informations que Epoch Times avait obtenues précédemment au sujet de la réunion de Beidaihe, à savoir que les dirigeants chinois sont divisés sur les questions de Hong Kong et de la guerre commerciale sino-américaine. Les deux factions rivales ne sont parvenues à aucun accord lors de cette réunion.

« En fait, les deux groupes rivaux n’aiment pas la façon dont Xi Jinping gère les affaires de Hong Kong et les relations sino-américaines. Un groupe lui reproche de ne pas faire de concessions, l’autre de ne pas adopter une position dure. »

« La situation actuelle, en ce qui concerne la situation à Hong Kong et les relations sino-américaines, est terrible dans tous les sens du terme. Par conséquent, les deux groupes ont leurs raisons de s’opposer à Xi Jinping », a-t-il conclu.

 

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