Xinjiang: un logiciel chargé de repérer les comportements suspects (rapport)

Par Epoch Times avec AFP
9 décembre 2020
Mis à jour: 9 décembre 2020

Des musulmans ont été arrêtés dans la région chinoise du Xinjiang (nord-ouest) après avoir été « signalés » par un logiciel qui repère les comportements suspects, a affirmé mercredi une organisation de défense des droits de l’Homme.

L’association Human Rights Watch (HRW), basée aux Etats-Unis, rapporte avoir mis la main sur une liste de 2.000 détenus arrêtés entre 2016 et 2018 à Aksu, une préfecture de la région en butte à des tensions entre la majorité ouïghoure, ethnie musulmane apparentée aux Turcs, et la minorité han (Chinois de souche).

-Des policiers chinois regardent des écrans montrant des zones publiques surveillées par des caméras de sécurité à Urumqi, dans la région du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine, le 1er juillet 2010. Photo AFP / AFP via Getty Images.

Selon HRW, ces détenus se sont retrouvés dans le collimateur des autorités après avoir été repérés par un logiciel baptisé « Plateforme intégrée d’opérations conjointes » qui analyse les mégadonnées collectées par l’énorme dispositif de surveillance électronique en place au Xinjiang.

Personnes « signalées » par le logiciel

L’association en déduit que « l’immense majorité » des personnes dénoncées l’ont été sur la base de comportements parfaitement légaux, comme recevoir des coups de téléphone de l’étranger, ne pas avoir d’adresse fixe ou bien éteindre fréquemment son téléphone portable.

Les accusations de « terrorisme » ou « extrémisme », utilisées pour justifier la répression au Xinjiang, n’apparaissent que pour environ 10% des personnes figurant sur la liste, selon HRW.

-Un camp de rééducation où sont détenues pour la plupart des minorités ethniques musulmanes, dans la région du nord-ouest du Xinjiang en Chine.  Photo Greg Baker / AFP via Getty Images.

La liste, dont une partie a été montrée à l’AFP, mentionne dans de nombreux cas que la personne a été simplement « signalée » par le logiciel.

Les policiers ont pu ensuite décider d’envoyer les suspects dans des camps de rééducation politique, estime HRW.

Un million de Ouïghours placés en détention

Des experts étrangers affirment qu’un million de Ouïghours ont été placés en détention ces dernières années dans ces camps. Pékin dément ce chiffre et affirme qu’il s’agit de centres de formation professionnelle destinée à éloigner les personnes de la tentation de l’islamisme, du terrorisme et du séparatisme après une série d’attentats attribués à des Ouïghours.

Des entreprises chinoises ont été accusées par le passé d’avoir mis en place des logiciels de reconnaissance faciale permettant de repérer des personnes d’apparence ouïghoure.

La liste d’Aksu « est une nouvelle preuve que la Chine recourt à la technologie dans sa répression de la population musulmane », accuse HRW.

Les autorités d’Aksu et du Xinjiang n’ont pas répondu dans l’immédiat aux questions de l’AFP sur le rapport de Human Rights Watch.

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